Des jouets et des hommes : Un voyage au cœur de l’imaginaire dans les Galeries du Grand Palais

N° 28 – Septembre 2011

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Cheval mécanique du prince impérial Collection E. Hermès, Paris © François Doury

A Paris, Les Galeries nationales du Grand Palais accueillent, du 14 septembre 2011 au 23 janvier 2012, une très belle exposition dédiée à l’histoire du jouet. Près de mille jouets sont présentés, de l’Antiquité à nos jours, en provenance de collections publiques et privées de pays occidentaux et du Japon. Mélange étonnant de tradition et d’innovation, cette présentation inédite, d’envergure planétaire, réunit des créations d’exception (jouets princiers, automates, engins de l’espace, maisons de poupées hors norme…) mais aussi des objets plus modeste (figurines en plomb ou en plastique, balles, toupies…) ayant traversé le temps.

Dans ce voyage à travers le jouet, mille objets sont réunis pour raconter une histoire de plus de 2 000 ans, faite d’émerveillement et de nostalgie, d’enseignements et d’interrogations. C’est un regroupement exceptionnel et inédit par son envergure et son ambition : trains, voitures sur mesure, bateaux, soucoupes volantes, poupées princesses, poupées antiques, poupées mannequins, robots japonais, ours de tous poils, arches de Noé, jeux vidéo…

Bien plus qu’une vitrine à jouets, l’exposition apporte une réelle réflexion et interroge les rapports ambigus que les enfants entretiennent avec la reproduction en miniature du monde des grands. Quelle est sa fonction ? Comment le jouet évolue-t-il au cours du temps ? Quelle est la part de mimétisme ou au contraire de liberté ou d’invention dans son usage ? Le jouet a-t-il pour but de donner aux enfants les codes et les règles du monde adulte ? Autant de questions auxquelles l’exposition tente de donner des réponses.

La manifestation met en lumière l’importance du jouet dans l’éducation de l’Homme depuis sa naissance. « Au-delà de sa fonction essentielle de divertissement et de support de jeu, le jouet nous parle aussi de la relation que les adultes entretiennent avec l’enfant, du monde qu’ils veulent lui offrir et de la façon dont ils veulent l’y préparer. C’est un objet d’une grande richesse symbolique, étonnant compromis entre le réel et l’illusion », indique Bruno Girveau, commissaire de l’exposition.

« Tous les enfants parlent à leurs joujoux. Les joujoux deviennent acteurs dans le grand drame de la vie », notait Baudelaire. Tout au long du parcours, le visiteur retrouve son doudou favori, sa poupée fétiche, la panoplie de ses rêves…un peu de la magie et de l’émerveillement de son enfance.

A travers différents chapitres qui rythment l’exposition, on retrouve l’univers des animaux (Snoopy Sniffer, Teady Bear ou le tamagotchi), l’illusion de la vie (automates, jouets mécaniques, robots), les jouets de filles et jouets de garçons, l’âge des médias. A chaque enfance son héros. Selon les époques, il s’appelle Babar, Bécassine, Davy Crokett, Mickey, Superman, Goldorak, Pokemon…

Véritable condensé de culture et de conservatisme, le jouet est dépeint comme étant le miroir d’une société à une époque donnée. Au Moyen Âge et à la Renaissance, le jouet était le principal attribut de l’enfance. Dès le milieu du XIXème siècle, en Europe, les jouets sont recommandés pour tous les enfants : poupées, soldats de plomb, chevaux à bascule et jeux de cartes agrémentent le cadre de vie domestique. Le jouet symbolise un temps d’insouciance auquel il faut renoncer un jour. « Grandir, c’est donc d’abord se séparer de ses jouets, apprendre à vivre sans eux pour s’épanouir en adulte indépendant », explique Bruno Girveau. A Rome, la jeune fille devait remettre sa poupée à Vénus la veille de son mariage.

Comment insuffler la vie aux jouets ? La scénographie a été conçue par l’artiste vidéaste Pierrick Sorin, qui a réalisé une quinzaine d’installations originales : dispositifs interactifs, projections en 3 D, théâtres optiques…plongés dans un monde imaginaire, les visiteurs voyagent dans le temps et dans l’espace. Avec des lunettes 3 D, ils découvrent des saynètes amusantes et nostalgiques. On voit l’artiste déambuler à l’intérieur d’une maison de poupée, organiser un carambolage de voitures, se déguiser en ours en peluche. Pour Pierrick Sorin, le jouet, c’est d’abord le plaisir. Ses principaux objectifs : « insuffler à l’exposition du mouvement, créer des moments de plaisir, des instants vivants et ludiques ».

Dans les visites-ateliers, les enfants éblouis se laissent conter l’histoire du jouet. Ils suivent la parade des petits soldats, rencontrent des super héros. Ils cuisinent, pouponnent, bricolent … Cette exposition est réalisée en collaboration avec le musée des Arts décoratifs de Paris, qui abrite une des plus importantes collections de jouets en Europe. D’autres institutions culturelles françaises et internationales prestigieuses, dont le musée du Jouet de Nuremberg, le Victoria and Albert Museum à Londres, le Strong National Museum of Play à Rochester (Etats-Unis) ou le musée du Jouet de Poissy (région parisienne), ont contribué avec enthousiasme au projet. L’exposition sera présentée au City Art Museum d’Helsinki, du 21 février au 20 mai 2012.

Annik Bianchini

Site Internet :

http://www.rmn.fr/francais/les-musees-et-leurs-expositions/grand-palais-galeries-nationales-9/expositions/des-jouets-et-des-hommes-2244

Dernière modification : 13/09/2011

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