Energies marines renouvelables : les atouts de la France

N° 27 – septembre 2011

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Sources d’innovations et de développement économique, les mers et les océans sont un vaste réservoir d’énergie. Chaleur de la mer, éoliennes offshore, énergie des courants, des vagues et des marées : la France a des atouts indéniables à exploiter. D’autant qu’elle possède, avec 11 millions de kilomètres carrés, la seconde aire marine mondiale. D’importants projets démarrent un peu partout, en métropole ainsi que dans les départements et les territoires d’Outre-mer : Nantes, Saint-Nazaire, Brest, Toulon, La Réunion…

Objectif : obtenir sur les océans une puissance de 6 000 mégawatts et atteindre ainsi 23 % d’énergies renouvelables à l’horizon 2020. Les 7, 8 et 9 septembre 2011, la Cité-Nantes-Events Center accueille BioMarine Business Convention 2011, le Forum mondial de la mer.

En matière d’énergies marines renouvelables (EMR), la France dispose d’un vaste potentiel naturel, tant en métropole qu’Outre-mer. Parmi elles, on recense la houle, l’énergie des vagues, des courants, des marées, et l’énergie thermique des mers. Dans le domaine de l’énergie marémotrice, la France se positionne comme leader mondial avec l’usine de la Rance qui produit annuellement 550 GWh.

Les EMR constituent des enjeux considérables. L’Etat français s’est montré volontariste pour développer les énergies marines renouvelables. Un vaste potentiel énergétique devrait permettre de disposer d’une puissance installée de 6 000 mégawatts en énergies marines ; l’objectif annoncé, d’ici 2020, est d’atteindre 23 % d’énergies renouvelables et de favoriser la création de près de 10 000 emplois.

Les régions du Grand Ouest bénéficient d’un emplacement exceptionnel sur la façade atlantique et représentent 90 % du potentiel français en EMR. Les pouvoirs publics se sont engagés aux côtés des acteurs du secteur industriel, notamment en signant trois conventions d’aide à l’innovation, à hauteur de 2,23 millions d’euros, avec le constructeur de bateau STX France pour les projets Fondeol (fondations pour éoliennes offshore), Poseole (bateau pose-éoliennes) et Watteole (sous-station électrique pour les champs éoliens offshore). L’Ecole Centrale de Nantes, spécialisée dans les projets liés à l’énergie des vagues et des courants, installe actuellement une plate-forme d’essais en mer pour les EMR (Semrev) et prépare un site pour tester les éoliennes flottantes (Sem-Reef).

Le groupe industriel naval DCNS, détenu à 75 % par l’Etat français et à 25 % par le groupe Thalès, participe au projet d’éolienne offshore flottante Winflo retenu par l’Agence française de l’Environnement et de la Maîtrise de l’énergie dans le cadre du programme des fonds démonstrateurs Energies Marines, lancé en octobre 2009. L’essai d’un prototype, connecté au réseau national, est ainsi prévu sur les côtes bretonnes dès 2013. Ce démonstrateur permettra l’installation, loin des côtes, d’une ferme éolienne pilote dès 2015. DCNS garde également une position de leader dans l’énergie thermique des mers. Le groupe industriel pilote trois projets : à la Réunion, en Polynésie et à la Martinique. Selon un responsable de DCNS, « les EMR pourraient représenter, à terme, un marché de 6 à 8 milliards d’euros par an en Europe ».

Le projet France Energies Marines, porté par l’Institut français de Recherche pour l’Exploitation de la mer, est labellisé par deux pôles de compétitivité : le pôle Mer Bretagne et le pôle Mer PACA. Avec 54 acteurs associés, il se structure autour d’un large consortium d’entreprises, d’organismes de recherche, d’enseignement supérieur et de partenaires institutionnels. L’objectif de ce projet est de faire de l’Ouest de la France une véritable capitale européenne de la mer.

Les pôles Mer Bretagne et Mer PACA coordonnent leurs actions internationales. Ils ont défini une stratégie de développement et des cibles privilégiées : l’Europe, les grands bassins maritimes de Méditerranée, d’Atlantique Nord Manche, des mers du Nord et Baltique, le reste du monde à plus long terme. Le pôle Mer Bretagne a ainsi signé plusieurs accords de coopération avec des pôles de compétitivité à l’étranger : le « cluster » maritime du Sud-est de l’Angleterre, la Fondation franco-norvégienne, le « cluster » de Schleswig-Holstein et le « créneau » marin du Québec.

Du 7 au 9 septembre 2011, Nantes accueille BioMarine Business Convention, le rendez-vous international sur les bio-ressources et les énergies marines renouvelables. Au programme : rencontres avec les grands acteurs mondiaux (scientifiques, industriels, investisseurs) des secteurs EMR, énergie, environnement, aquaculture, présentation de projets, conférences et débats interactifs.

Annik Bianchini

Sites Internet

www.biomarine.org : 2011 International BioMarine Business Convention
www.pole-mer-bretagne.com : Pôle Mer Bretagne
www.polemerpaca.com : Pôle Mer PACA

Dernière modification : 13/09/2011

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