Jeux Olympiques : des sésames High-Tech

Pour la vingt-neuvième édition des Jeux Olympiques, chacun des 12 millions de spectateurs attendus à Pékin devrait emmener dans sa poche un petit bout de technologie française. En effet, c’est à ASK, une entreprise du sud de la France, que la conception des billets permettant l’accès aux compétitions a été confiée. Résultat, un concentré de savoir-faire sur un ticket de 20x9 cm.

Pour que s’ouvrent, comme par magie, les portes du grand stade de Pékin afin d’assister à l’une des compétitions sportives programmées entre le 8 et le 24 août prochain, il suffit d’avoir en poche le fruit de l’application d’une cinquantaine de brevets tels qu’Inlay papier, antenne sérigraphiée argent, report de puce direct ou étiquettes RFID (système d’identification par radio fréquence).

Tous ces composants ne sont pas ceux d’un ordinateur mais bel et bien ceux des tickets d’entrée dont chaque spectateur doit en effet être muni pour assister aux Jeux Olympiques de Pékin. Mais contrairement aux billets traditionnels, les sésames de cet événement planétaire sont de véritables concentrés de technologies conçues et commercialisées par les Français de ASK.

Cette entreprise, basée dans le sud de la France, a été capable d’apporter une réponse innovante à la question posée par le comité organisateur des Jeux Olympiques de Pékin : « qui sera capable de fournir 14 millions de tickets à la fois sûrs, infalsifiables et permettant une bonne régulation des flux de personnes attendues aux Olympiades chinoises ? »

Poursuivant son activité depuis une petite dizaine d’années, ASK est devenue le premier fabricant mondial de cartes sans contact à microprocesseur, de tickets papier sans contact et d’étiquettes RFID avec plus de 70 millions de produits en circulation dans le monde. Modeste start-up à l’origine, cette société française emploie aujourd’hui plus de 130 personnes et réalisait, en 2006, 35 millions d’euros de chiffre d’affaires dont 70 % à l’export.

Pour un événement planétaire de cette dimension, un partenariat international semblait s’imposer de lui-même. Ainsi, afin de produire massivement ce ticket de haute technologie totalement recyclable, ASK s’est associée à TongFang, le troisième fabricant chinois de PC, pour créer une « joint-venture » dédiée à la fabrication et à la commercialisation des produits sans contact. Disposant d’un équipement de production de dernière génération, les acteurs de ce partenariat sont en mesure de livrer jusqu’à 200 millions d’unités par an de tickets papier, d’inlays et d’étiquettes sans contact.

« Tous les billets olympiques sont fabriqués en Chine, la puce est fondue dans les forges chinoises mais la technologie de son insert, accompagnée par son antenne imprimée avec une encre en argent conductrice, est la nôtre », explique Bruno Moreau, PDG et co-fondateur d’ASK à l’agence de presse Reuter. Ces tickets made in France & China, imprimés par la société China Bank Note, possèdent des éléments sécurisés anti-contrefaçon. Le partenaire d’ASK fournit gratuitement l’ensemble du système RFID des Jeux Olympiques qui comprend les inlays RFID, les lecteurs, les logiciels d’intégration et le service.

Outre la sécurisation des stades et une meilleure lutte anti-fraude, ces billets devraient même participer activement au confort des spectateurs puisqu’ils fluidifieront de manière notable l’entrée des sites. La RFID, technologie de pointe, fait partie intégrante de l’ensemble des moyens de sécurité déployés sur tous les Jeux et constitue l’une des innovations de ces Olympiades.

Au-delà du simple gadget réservé aux événements de grande ampleur, les applications de cette technologie sont nombreuses et en pleine expansion. En effet, elles couvrent bien évidemment les marchés du contrôle d’accès, mais aussi ceux de la logistique, de la traçabilité ainsi que du transport public, du secteur militaire ou de la lutte contre la contrefaçon.

Toutefois, même si cette utilisation de la technologie sans contact pour permettre l’accès aux compétitions des Jeux Olympiques est une première, ASK n’en est pas à son coup d’essai dans le monde de l’Olympisme puisque l’entreprise française avait déjà contribué avec succès aux XXè Jeux Olympiques d’hiver, durant lesquels les autorités de transport public de Turin et d’autres acteurs de cet événement avaient fait appel au savoir-faire d’ASK.

Maintenant que ASK a pénétré l’immense marché chinois, les dirigeants de la société entendent bien confirmer leur présence. Ils visent, à moyen terme, le « gros lot » de la billetterie de l’Exposition universelle de Shanghaï où, en 2010, 70 millions de visiteurs sont attendus. Dans ce secteur encore plus concurrentiel qu’une finale de Jeux Olympiques, les Français de Ask savent bien que contrairement à ce que disait le baron Pierre de Coubertin, l’important n’est pas simplement de participer...

Bruno Gimmig

Dernière modification : 29/04/2010

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