L’Institut du cerveau et de la moelle épinière

N° 27 – Juin 2008

Le futur Institut du cerveau et de la moelle épinière, qui a pour ambition d’étudier les mécanismes des maladies neurologiques et des traumatismes du cerveau et de la mœlle épinière, sera construit à Paris, d’ici à 2010, au cœur de l’hôpital de la Pitié-Salpêtrière. Il réunira, dans un même bâtiment, 600 cliniciens et chercheurs, publics et privés, spécialistes du système nerveux, mais aussi des philosophes, des physiciens, des ingénieurs et des techniciens venus de toute la planète. Ce projet international en fera l’un des principaux centres de recherche du monde. L’enjeu est de mettre au point des traitements novateurs dans le domaine des neurosciences.

C’est à l’hôpital de la Pitié-Salpêtrière, à Paris, que la première pierre de l’Institut du cerveau et de la moelle épinière (ICM) a été posée le 13 juin 2008. Né de l’association de trois professeurs de renommée mondiale, les professeurs Gérard Saillant, chirurgien orthopédiste et traumatologue, Yves Agid et Olivier Lyon-Caen, neurologues, cet ambitieux projet a pour objectif d’apporter des réponses à la compréhension du système nerveux et de ses maladies comme la sclérose en plaques, les maladies d’Alzheimer et de Parkinson, l’épilepsie, les accidents vasculaires cérébraux, les tumeurs cérébrales, et les grandes maladies psychiatriques. « Les maladies du cerveau et de la moelle épinière sont devenues une urgence, un enjeu qui demande non seulement une prise de conscience et une mobilisation générale mais aussi des moyens », explique le Professeur Gérard Saillant, président de l’ICM.

Il existe souvent un écart entre la recherche et ses applications. En s’installant au centre de l’hôpital, là où est véritablement née la neurologie, l’ICM a cherché à faire bénéficier les malades des découvertes les plus récentes en leur appliquant, sans délai, les dernières avancées thérapeutiques et de haut niveau. Car pour aboutir rapidement à des résultats probants, il est nécessaire de prendre le contre-pied de la dispersion actuelle des recherches. C’est la raison pour laquelle les traitements sont conçus et développés sur le lieu où ils sont prescrits. « C’est d’ailleurs à l’hôpital de la Pitié-Salpêtrière qu’a été créée la première chaire de neurologie et que s’est déroulée la première opération du cerveau », observe le Professeur Saillant.

L’ensemble hospitalier est intégré dans un site universitaire qui dispose d’un fort potentiel d’activité d’enseignement (Université Paris VI) et de recherche, en partenariat avec de grands organismes, à l’exemple de l’Institut national de la Santé et de la Recherche médicale et du Centre national de la Recherche scientifique. L’originalité de ce projet est de pouvoir rassembler, en un même lieu, médecins et chercheurs de haut niveau, français et étrangers, issus du secteur public et du secteur privé, œuvrant aussi bien dans le domaine de la recherche fondamentale que dans celui de la recherche clinique, et de mettre à leur disposition des plateaux techniques hautement performants.

Depuis la rentrée 2006, un centre de recherche en neuroimagerie humaine a déjà été créé, permettant de réaliser un véritable « ICM hors les murs », dont bénéficient les chercheurs qui sont déjà sur le site. Ce centre a pour objet de fournir un plateau technique d’imagerie et d’explorations humaines par résonance magnétique. D’ores et déjà opérationnel, il permet d’assurer à la fois le développement de recherches théoriques et celui d’une recherche appliquée de haut niveau en neurologie et en psychiatrie. Grâce à Siemens, il s’est doté du système d’imagerie par résonance magnétique IRM 3 Teslas, comptant parmi le matériel le plus puissant de sa génération. Cet outil est la première IRM de recherche en clinique humaine d’Île-de-France. L’équipement informatique du centre sera réalisé par Sun Microsystems et AMD.

La Fondation ICM, fondation privée reconnue d’utilité publique, a bénéficié d’un investissement initial de 67 millions d’euros grâce, bien sûr, à un fort soutien public : Etat, Région Ile-de-France, Mairie de Paris, ministère de la Recherche, l’Institut national de la Santé et de la Recherche médicale. Mais elle n’aurait pu se créer sans une forte mobilisation de capitaux privés.

L’ICM est un projet sans frontières. « Les meilleurs groupes de recherche français et étrangers, issus de tous les horizons, notamment les Etats-Unis, le Royaume-Uni, l’Allemagne, les Pays scandinaves, la Chine et le Japon, vont y concevoir et y développer les projets scientifiques les plus en pointe. Un programme de coopération et d’échanges est déjà engagé avec un grand nombre d’universités », souligne le Professeur Gérard Saillant.

L’ICM sera au cœur de ce maillage de recherche. Dans un bâtiment de 22000 m², situé sur un terrain de 4400 m², plus de 600 chercheurs et médecins spécialistes du système nerveux (neurobiologistes moléculaires et cellulaires, neurophysiologistes, spécialistes des sciences de la cognition…) venus du monde entier, mais aussi des philosophes, des physiciens, des ingénieurs et des techniciens apporteront leur compétence dans des domaines aussi variés que l’informatique, la chimie ou les sciences sociales.

De grands ambassadeurs comme le cinéaste Luc Besson, l’ancien pilote de Formule 1 Michael Shumacher, les acteurs Michelle Yeoh, Jean Réno et bien d’autres, apportent déjà leur soutien et leur notoriété à ce projet.

Une meilleure compréhension des mécanismes de fonctionnement du cerveau, de la moelle épinière et, plus largement, du système nerveux, permettra l’exploration de diverses possibilités de réparation des cellules nerveuses et la mise au point de traitements thérapeutiques. « On sait désormais qu’une personne sur huit aura à souffrir d’une affection neurologique. Il s’agit-là d’un problème de santé publique essentiel, d’autant plus crucial à l’heure où la durée de vie s’allonge et où la question du « bien vieillir » se pose avec de plus en plus d’importance », ajoute le Professeur Gérard Saillant.
Annik Bianchini

Site Internet :

www.icm-institute.org : Institut du Cerveau et de la Moelle épinière

Dernière modification : 29/04/2010

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