La France accueillera le championnat d’Europe de football en 2016

N° 17 – Juin 2010

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La France a remporté l’Euro 2016… Du moins, pour l’instant, le droit d’organiser cette compétition footballistique majeure. Outre le retentissement mondial et l’engouement qu’il génère, cet événement sportif aura des retombées importantes pour l’économie hexagonale.

L’enjeu était important : le championnat d’Europe de football est un événement international extrêmement porteur (le troisième événement sportif mondial en terme de couverture médiatique). Celui de 2016 aura de plus une ampleur inédite puisqu’il sera le premier à inclure vingt-quatre équipes au lieu de seize précédemment.

La France, candidate à l’organisation de l’Euro 2016, a présenté un bon dossier et joué ses atouts avec efficacité, ce qui lui a permis de coiffer la Turquie au poteau. Même si le président français de l’UEFA, Michel Platini, ancien numéro 10 de l’Equipe de France, vainqueur de l’Euro 1984 à Paris, est volontairement resté neutre et n’a pas participé au vote, l’Union of European Football Associations a sans doute pris la mesure de la sécurité que lui assurait la candidature française, en matière d’organisation et aussi de bénéfices.

Déjà organisatrice dans le passé d’événements sportifs internationaux majeurs, tels que l’Euro 1984 et la Coupe du monde 1998, la France a mis en avant son expérience, son savoir-faire et sa forte capacité de mobilisation, indispensables pour assurer le bon déroulement de la compétition. Autres atouts majeurs, une hôtellerie de qualité et un réseau de transports couvrant l’ensemble du territoire et pour lequel les investissements complémentaires sont déjà faits, comme ceux des travaux de la gare Saint-Jean à Bordeaux destinés aux TGV.

Un seul point noir subsistait : les stades. « Le parc de stades français est obsolète, constate Laurent Wetzel, rédacteur en chef adjoint du magazine France Football. Construire des stades neufs est une obligation économique absolue, vitale ». Un chiffre a permis à la France de marquer le « but décisif » : 1,7 milliard d’euros. C’est le budget, associant des financements public et privé, qui sera investie dans la construction et la rénovation des enceintes sportives. 12 stades sont présélectionnés pour accueillir les rencontres. Neuf d’entre eux seront retenus et trois serviront de stades de réserve. Un seul est déjà prêt : le Stade de France à Saint-Denis. Quatre nouveaux stades seront construits, à Bordeaux, Lille, Lyon et Nice. Huit autres seront largement rénovés : Le Parc des Princes à Paris, Félix-Bollaert à Lens, La Meinau à Strasbourg, Marcel-Picot à Nancy, Geoffroy-Guichard à Saint-Etienne, le Vélodrome de Marseille, le Stadium de Toulouse.

L’émergence de cette génération moderne d’enceintes sportives devrait donner un nouvel élan au football français, professionnel et amateur. On estime que la capacité moyenne des stades français passera de 27.000 à 35.000 spectateurs et, selon une étude publiée par un spécialiste du sponsoring et du marketing sportifs, ce renouvellement génèrera 183 millions d’euros de recettes supplémentaires pour les clubs.

« La France va pouvoir moderniser ses infrastructures sportives et offrir un projet mobilisateur pour les dix prochaines années », a déclaré Jean-Pierre Escalettes, le président de la Fédération française de football.

Le football génère en effet une activité économique intense et durable : « Contrairement à l’impact économique éphémère des Jeux Olympiques, l’organisation d’un championnat d’Europe de football fournit un héritage sur plusieurs décennies », constate l’analyste du sport Nicolas Fernandez. Il a déjà été calculé que l’obtention de l’organisation de l’Euro 2016 générera 15 000 emplois dans le secteur du BTP, pour la phase de construction et de rénovation, et 4 500 emplois durables pour l’entretien des sites. Une aubaine pour les régions concernées. Les villes et les collectivités territoriales se sont d’ailleurs fortement impliquées dans la constitution du dossier de candidature. Elles attendent aussi de l’Euro 2016 des retombées en terme de notoriété, de tourisme et, bien sûr, de fréquentation pendant la compétition. 51 rencontres se dérouleront dans neuf villes hôtes et devraient attirer chacune, en moyenne, 50.000 spectateurs. Au total, 2,5 millions de spectateurs sont attendus et les zones d’hospitalité (villages, écrans géants…), autour des lieux de compétition, permettront de recevoir 1,3 million de supporters supplémentaires.

« La couverture médiatique sera considérable et mondiale, les répercussions planétaires, souligne Laurent Wetzel. Et l’événement est à même de susciter un mouvement de sympathie et d’engendrer un engouement populaire considérable ». L’Euro 2016 devrait donc être une grande fête ; un des axes de la candidature française portait d’ailleurs sur la convivialité. Restera à gagner aussi sur le terrain… Les deux dernières compétitions de football organisées sur le sol français, l’Euro 1984 et la Coupe du monde 1998, avaient été remportées par les Bleus. Si l’on s’en tient au fameux proverbe, jamais deux sans trois, tous les espoirs sont permis !

Sylvie Thomas

Dernière modification : 17/06/2010

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