Le Brésil, la Chine et l’Inde : les priorités du CNRS aujourd’hui

N° 39 - novembre 2009

Cette année, le Centre national de la Recherche scientifique (CNRS) célèbre son soixante-dixième anniversaire. Créé par décret à l’initiative du prix Nobel de physique Jean Perrin, le CNRS n’a pas cessé d’occuper une place fondamentale dans la recherche française et dans tous les domaines du savoir. Au fil de l’histoire, cet organisme est également devenu un acteur incontournable de la recherche internationale. Aujourd’hui, il forge son avenir avec la signature officielle du contrat 2009-2013 avec l’Etat, et le développement de son activité internationale en direction des puissances émergentes.

La recherche scientifique a été et demeure une grande aventure collective de la communauté internationale, notamment au niveau européen. Le Brésil, qui constitue une priorité pour le CNRS, est son premier partenaire en Amérique du sud. Une trentaine de projets conjoints d’une durée de trois ans sont financés chaque année. Un nombre important de chercheurs brésiliens sont formés en France et le nombre de thèses en co-tutelle, de co-publications, d’actions phares témoignent de l’évolution d’une coopération de plus de trente ans. L’ouverture d’un bureau du CNRS est prévu à Rio de Janeiro en janvier 2010.

Le CNRS collabore aussi activement avec la Chine. Il est le premier organisme de recherche français à avoir signé des accords de coopération bilatérale avec les institutions chinoises. D’importants programmes, co-financés par le CNRS et les organismes chinois, sont répartis en trois axes principaux : les mathématiques, la médecine traditionnelle, le développement durable et l’énergie. « Mais ce qui inspire vraiment la Chine, c’est le dispositif de co-tutelle entre le CNRS et l’université pour les laboratoires », estime-t-on à la direction des relations internationales du CNRS.

L’Inde, de plus en plus sensible à la protection de l’environnement, partage également des actions de coopération avec le CNRS (en chimie, en mathématiques, en sciences humaines et sociales). Un colloque sur le thème du développement durable et de l’environnement doit avoir lieu à Bangalore, en janvier 2010, en partenariat avec l’ambassade de France. Un bureau du CNRS doit également s’ouvrir à Delhi, en mars 2010.

De tels exemples témoignent de la vitalité et de la jeunesse d’un établissement qui souffle pourtant son soixante dixième anniversaire cette année.

Né au tout début de la seconde guerre mondiale, le 19 octobre 1939, le CNRS a traversé des épreuves, mis en place des réformes, surmonté des obstacles et forgé de belles réussites. Son créateur, le physicien français Jean Perrin, était parvenu à convaincre les responsables politiques de l’intérêt de rassembler des équipes de chercheurs au sein d’une même structure et avait pu ainsi concrétiser son projet : un « organisme public doté de la personnalité civile et de l’autonomie financière ». Rapprocher les disciplines, combattre l’esprit de chapelle, défendre la liberté de pensée, tels étaient ses principaux objectifs. « Il n’est pas de science possible où la pensée n’est pas libre », avait-il alors déclaré.

Cette ambition et cet élan n’ont jamais cessé. « Au fil du temps, le CNRS est devenu un maillon incontournable de l’intelligence et de la production de nouveaux savoirs fondamentaux. Fort de sa mission originelle, il coordonne les recherches, pratique la pluridisciplinarité et occupe une place plus qu’enviable dans le paysage de la recherche internationale », explique Catherine Bréchignac, présidente du CNRS.

Le CNRS est un organisme public de recherche à caractère pluridisciplinaire, placé sous la tutelle du ministère français de l’Enseignement supérieur et de la Recherche. Avec plus de 32.000 personnes (dont près de 12.000 chercheurs et quelque 14.000 ingénieurs et techniciens ayant le statut d’agent du CNRS), ainsi que plusieurs milliers d’étudiants préparant leur doctorat, il exerce son activité dans tous les champs de la connaissance, en s’appuyant sur plus de 1200 laboratoires de recherche, en liaison avec les universités.

Aujourd’hui, le CNRS prépare son avenir avec un nouveau décret d’organisation, qui formalise les orientations définies dans le plan stratégique Horizon 2020, et la signature d’un contrat d’objectifs 2009-2013 avec l’Etat. Il faut « dépasser les frontières entre les disciplines », mais aussi « entre recherche fondamentale et innovation, entre recherche publique et recherche privée », a déclaré devant la presse la ministre de la Recherche, Valérie Pécresse, après avoir signé le contrat d’objectifs et de moyens avec le directeur général du CNRS, Arnold Migus. « Des alliances entre organismes de recherche, comme par exemple l’INSERM et le CNRS pour les sciences du vivant, sont prévues dans le domaine de l’énergie, des sciences de la vie et de l’informatique ».

Parmi les nombreuses avancées du CNRS, citons les premières expériences de chimie solaire de Félix Trombe, les illustres travaux sur la radio-activité artificielle d’Irène et de Frédéric Joliot-Curie, ceux du physicien Louis Néel, tout comme les recherches de l’économiste Jean Tirole, du généticien Jean Weissenbach, ou des récents prix Nobel Luc Montagnier, Claude Cohen-Tannoudji et Albert Fert. « La recherche scientifique, c’est le savoir en mouvement. Elle ouvre les yeux et les esprits vers des champs nouveaux de la connaissance, qui transforment profondément notre vie. Chercheurs, ingénieurs et techniciens partagent l’ardente obligation de transmettre leur expertise », fait valoir Catherine Bréchignac.

Pour célébrer les 70 ans du CNRS, le Comité pour l’histoire du CNRS a organisé un programme à la hauteur de l’événement : colloque, publication d’un livre, exposition de photos… L’exposition virtuelle Quoi de neuf dans le passé ? est accessible sur Internet pour une visite virtuelle.

Annik Bianchini

Site Internet :

www.cnrs.fr/70ans

Dernière modification : 28/04/2010

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