Le secret de la réussite du cinéma français à l’étranger

Avec 188,82 millions de spectateurs sur son seul territoire en 2008, le cinéma français se porte bien chez lui. Il s’exporte également avec beaucoup de succès et attire un public toujours plus nombreux à travers le monde grâce à l’action d’Unifrance, l’organisme de promotion du cinéma français à l’étranger.

Créée en 1949 par les pouvoirs publics français, Unifrance assure la promotion du cinéma national à l’étranger. Soutenue par près de 600 adhérents, cette association regroupant notamment des producteurs et des réalisateurs français, soutient la promotion des œuvres cinématographiques en favorisant, par exemple, le déplacement des artistes dans le monde entier. Elle organise aussi des manifestations culturelles destinées à faire connaître davantage le cinéma français à l’étranger. Généralement ouverts au public, ces évènements ont pour but de populariser les films français ainsi que les équipes artistiques qui les accompagnent. Ce même objectif a conduit l’association à créer, en 2003, un programme de rencontres entre réalisateurs français renommés et étudiants d’écoles internationales de cinéma. Intitulée On Set with French Cinema, cette opération a ainsi permis à Claude Lelouch de passer quelques jours avec les élèves de l’Institut national de cinématographie de Moscou ou à Jean-Pierre Jeunet de donner des master class à ceux de l’Université de Californie à Los Angeles.

Financé par le Centre national de la cinématographie, Unifrance reçoit aujourd’hui une aide du secrétariat d’Etat au Commerce extérieur français. Ce nouveau partenariat lui permet non seulement de bénéficier de financements supplémentaires, mais facilite aussi les déplacements des artistes et des entreprises de l’audiovisuel.

Actuellement, l’association intervient dans plus de 55 pays et bénéficie par conséquent d’une expertise sans équivalent. Chaque année à Paris, lors de ses traditionnels Rendez-vous organisés au mois de janvier, les responsables d’Unifrance rendent compte des performances du cinéma français à l’étranger. A cette occasion de nombreux distributeurs et journalistes étrangers sont invités à rencontrer les professionnels français du cinéma qui présentent les dernières productions.

En 2008, près de 80 millions de spectateurs étrangers ont vu des films français. C’est un record, jamais les productions françaises n’avaient connu une telle réussite à l’étranger. Les cinq films qui ont comptabilisé le nombre d’entrées le plus important sont certes majoritairement des productions à gros budget, mais des longs métrages plus confidentiels ont également permis la bonne tenue du 7e Art français en dehors de l’hexagone. Babylon A.D. de Mathieu Kassovitz arrive en tête du box-office avec 10,13 millions d’entrées, suivi d’Astérix aux jeux Olympiques de Thomas Langman et Frédéric Forestier avec 9,17 millions d’entrées, et de Taken de Pierre Morel avec 8,85 millions d’entrées. Caramel, film franco-libanais de Nadine Labaki, sorti dans 21 pays, prend la 9e place et séduit 1,2 millions de spectateurs. D’autres longs métrages, à priori destiné à un public national, ont également conquis les spectateurs étrangers : Ne le dis à personne de Guillaume Canet, sorti dans sept pays, a beaucoup marqué cet été Outre-Atlantique, raflant plus de 4,5M$ au box-office américain ; Il y a longtemps que je t’aime de Philippe Claudel, sorti dans 12 pays, a séduit plus d’un million de spectateurs ; La graine et le mulet d’Abdellatif Kechiche ou Le fils de l’épicier d’Eric Guirado, sortis respectivement dans 16 et 12 pays, totalisent 716 000 et 337 000 spectateurs. Ces films ont été de véritables succès en France, trouvant lentement mais sûrement leur public. Ceci a provoqué l’intérêt des acheteurs du monde entier qui, encouragés par les opérations d’Unifrance, se sont engagés sur ces longs métrages.

Chahuté par la crise économique, Unifrance doit aujourd’hui faire face à de nouveaux défis. Nouvellement élu président de l’association, le producteur français Antoine de Clermont-Tonnerre souhaite défendre l’institution et lui donner les moyens d’une ambition élargie. Comme ses prédécesseurs, un seul objectif conduit son action : faire rayonner le plus largement possible le cinéma français.

Anne-Laure Bell

Dernière modification : 23/04/2010

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