Les entrepreneurs étrangers plébiscitent l’Ile-de-France

N° 20 - Juillet 2011

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Région Ile-de-France : parvis de La Défense, quartier d’affaires dans la banlieue ouest de Paris © MAEE / F. de La Mure

Le nombre d’implantations d’entreprises étrangères en Ile-de-France a battu des records en 2010. Les infrastructures de la région capitale, situées au cœur des centres d’activité, séduisent les investisseurs étrangers, aussi bien proches que lointains. Cette tendance devrait se confirmer à l’avenir.

L’Ile-de-France reste un pôle économique très attractif pour les investisseurs de nombreux pays et sa popularité ne cesse de grandir. Elle est la première région française pour l’implantation d’entreprises étrangères, la seconde en Europe derrière Londres. Le nombre de créations, extensions, reprises s’y est élevé en 2010 à 243, un chiffre jamais atteint au cours d’aucune des dix dernières années, qui marque une progression de 27 % par rapport à 2009. Soit cinq installations par semaine, une par jour ouvré !

Au total, les groupes étrangers représentent en Ile-de-France 17 400 établissements et 700 000 emplois. On estime que le cru 2010 génèrera 8 415 emplois sur trois ans, issus dans leur quasi totalité d’un recrutement local. Les Etats-Unis, l’Irlande et le Japon sont, à hauteur de 55 %, à l’origine de ces emplois. L’Irlandais Accenture Pic, société de conseil, ingénierie et services opérationnels aux entreprises, va créer à lui seul 1000 emplois ; le Japonais Fast Retailing Co LTD, entreprise de textile industriel, habillement et accessoires, plusieurs centaines ; tout comme le groupe informatique américain CSC, qui vient d’installer son centre de décision.

« Dans l’ensemble cependant, les projets sont de taille plus modeste, traduisant la prudence des investisseurs face à la situation économique mondiale difficile », nuance Denis Tersen, directeur général de l’Agence régionale de Développement Paris Ile-de-France, organisme associé au Conseil régional. Un bémol compensé par la variété et la qualité innovante, porteuse d’avenir, des secteurs représentés, avec en tête les entreprises de services aux entreprises, technologies de l’information et de la communication, prestations informatiques proposant des logiciels inédits. Le domaine de l’énergie renouvelable prend désormais une grande importance. On voit ainsi arriver Ecota, groupe chinois spécialisé dans les produits 100 % biodégradables, ou les Belges Lampiris et Electrawinds, fournisseurs d’énergies vertes. L’habillement et les commerces demeurent de grands créateurs d’emplois. Les projets dans les services financiers ont augmenté, témoignant de l’importance de l’Ile-de-France comme place financière européenne.

Autre phénomène capital, la forte augmentation des investissements dans la recherche et l’innovation : « La mobilisation des acteurs du secteur, de l’Etat, des collectivités territoriales et locales en faveur de la création de pôles de compétitivité mondiaux intéresse les grands partenaires étrangers qui trouvent ici des centres de recherche publics performants, de bons chercheurs et ingénieurs », fait valoir Denis Tersen. Par exemple, l’Italien Sorin Groupe, un des leaders dans le domaine des maladies cardiovasculaires, a inauguré sur 12 000 m2 son centre d’excellence à Clamart, dans les Hauts-de-Seine, y regroupant l’ensemble de ses forces de recherche et de production pour en faire sa vitrine mondiale. Quant aux Américains, qui reviennent en force, ils apportent une soixantaine de projets, surtout dans les domaines de la haute technologie. Et Google et Microsoft ont étendu leur implantation.

Les Etats-Unis sont d’ailleurs cette année les principaux investisseurs avec le Royaume-Uni, dont les investissements sont en augmentation de 42 %. L’Allemagne, avec quand même vingt entreprises, passe derrière la Chine. L’essor de cette dernière, avec Taiwan et Hong Kong, suivie de la Corée puis de l’Inde, est spectaculaire : « Ces pays développent d’abord leur économie chez eux, puis ils exportent et, enfin, s’installent à l’étranger, explique Denis Tersen. Cette stratégie d’internationalisation, qui traduit un grand niveau de maturité, va se poursuivre. Demain, les autres pays asiatiques, l’Amérique Latine avec le Brésil en particulier feront de même. C’est le début d’un mouvement de grande ampleur ».

L’avenir semble donc garanti. Durant les premiers mois de cette année, 168 projets ont déjà été attirés par les atouts de l’Ile-de-France, à commencer par sa diversité d’activités. Si c’est la capitale elle-même qui est choisie en premier lieu par les investisseurs étrangers, d’autres sociétés élisent les départements spécialisés : les Yvelines ou le Val-d’Oise pour l’automobile ; la vallée scientifique de la Bièvre dans le Val-de-Marne pour la recherche et l’innovation ; celles qui ont besoin de plates-formes logistiques s’installent près de Roissy… Le réseau d’infrastructures de transports les connectent aux marchés français, européen, mondial, ce qui séduit non seulement les pays lointains, mais aussi les Européens, Britanniques, Belges, Hollandais, qui y installent même leurs sièges de décision. On est au cœur du monde quand on est à Paris ! Il faut cependant souligner que, selon l’Agence française des Investissements internationaux, douze autres régions ont progressé en 2010. La dynamique est donc partagée et le rayonnement de l’Ile-de-France n’éclipse pas le reste du territoire français.

Sylvie Thomas

Dernière modification : 22/07/2011

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