Les petites et moyennes entreprises françaises à l’export

N° 17 – Mai 2011

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Il suffit parfois d’un coup de pouce… Les petites et moyennes entreprises (PME) françaises offrent d’excellents produits et services, qui correspondent à une demande mondiale. Aujourd’hui, bien accompagnées, elles vont chercher, avec succès, leur croissance à l’étranger.

Les grandes entreprises françaises, on le sait, sont très performantes à l’international. En revanche, les PME (les entreprises de moins de 250 salariés) font un peu figure de parents pauvres à l’export : « Elles manquent d’expérience en ce qui concerne l’exportation, constate Christophe Lecourtier, directeur général d’Ubifrance, l’Agence française pour le développement international des entreprises. Par comparaison, l’Allemagne compte quelque 450 000 PME exportatrices, l’Italie dans les 200 000, contre 80 000 environ pour la France ».

Mais la situation s’améliore. La France dispose en effet d’une économie diversifiée, à la pointe dans des domaines où existe une forte demande mondiale. Des entreprises innovantes développent leur activité dans le secteur du développement durable, des énergies renouvelables et du traitement de l’air, de l’eau, des déchets… Les entreprises françaises ont également une compétence reconnue dans la fabrication des pièces et composants des matériels de transports (trains, tramways, métros, aéronautique), très demandées par les pays émergents. Elles sont aussi bien représentées dans le secteur des équipements agricoles, pour la viticulture notamment ; la France est leader sur ce marché où il existe une demande très forte du Brésil, de la Chine, de l’Argentine, de l’Ukraine, de la Russie. Les PME françaises font également valoir leur expertise dans les secteurs de la santé, des technologies de l’information, de la téléphonie et de l’informatique. Et bien sûr, traditionnellement, la gastronomie, les produits de luxe, la mode, le design, constituent des niches commerciales où les Français sont parfaitement établis.

En trois ans, le nombre des PME françaises réalisant des opérations à l’étranger a été multiplié par trois. Une avancée due pour une bonne part à un dispositif volontariste mis en place en 2007. Ubifrance, l’Agence française pour le développement international des entreprises, lancée par les pouvoirs publics français, sert de trait d’union entre les PME françaises et les marchés extérieurs. Cet organisme public compte aujourd’hui 67 bureaux dans 46 pays. Ces bureaux emploient 1400 personnes dont 80 % de collaborateurs locaux qui font profiter les entreprises françaises de leur carnet d’adresses et de leur parfaite connaissance du pays.

Les candidats à l’exportation disposent ainsi d’études et de conseils avisés pour choisir leurs marchés, contacter les bons interlocuteurs, trouver des financements. Des recommandations parfaitement ciblées permettent également de tenir compte des lois, des réglementations douanières et sanitaires… mais aussi d’adopter une attitude et des codes commerciaux conformes aux réalités locales. Les responsables des PME peuvent en outre bénéficier d’aides financières destinées à alléger le coût des voyages et de leur présence dans les salons professionnels. « Notre vocation est de donner des idées, susciter des envies et aider concrètement sur le terrain », précise Christophe Lecourtier. Cette action s’avère parfaitement complémentaire de celle menée par les Services économiques des représentations diplomatiques françaises à l’étranger : « ces services s’occupent des grands enjeux stratégiques, des G20, FMI, OMC, des analyses financières et économiques, des gros contrats. Ils sont la tête et nous les jambes ! » ajoute Christophe Lecourtier.

En 2010, Ubifrance a aidé 10 000 chefs d’entreprises au cours de 22 000 missions. Dans les mois qui ont suivis ces nombreuses missions, un tiers des PME ainsi accompagnées a connu un développement commercial, avec la signature de contrats et la mise en place d’une représentation ou d’une filiale à l’étranger. L’Agence a noué des partenariats avec les Chambres de Commerce et d’Industrie françaises, à travers notamment le Programme France Export qui représente chaque année un millier d’actions de promotion commerciale. Les responsables des PME qui souhaitent développer leur activité à l’étranger peuvent également compter sur la Compagnie des Conseils et Experts Financiers (CCEF) dont les bénévoles, des hommes d’affaires expérimentés, rencontrent les novices et partagent avec eux leur expérience ; une manière pratique et rapide de trouver des idées – et d’éviter les erreurs sur le terrain ! Concernant le financement des activités et la couverture des risques d’impayés, des organismes tels que OSEO ou la COFACE soutiennent l’innovation et la croissance des PME, et proposent une large gamme de garanties destinées à favoriser le développement international des entreprises.

« Nous sommes un catalyseur, constate Christophe Lecourtier. Il suffisait de mettre en relation, de donner confiance ». En témoignent des succès éloquents, au Brésil ou à Dubaï ; un très haut niveau d’activité en Chine ; de belles réussites aux Etats-Unis, en Allemagne ; une montée en puissance en Asie du Sud-Est, en Indonésie, en Malaisie, en Thaïlande et en Inde, ainsi qu’en Amérique latine, au Chili, en Argentine.

Sa notoriété désormais bien installée, l’Agence française pour le développement international des entreprises, tout en continuant à accompagner les primo-exportateurs, envisage maintenant de faire évoluer sa gamme de services pour atteindre une nouvelle cible dont les besoins sont sensiblement différents : les entreprises de taille intermédiaire (ETI) au potentiel d’expansion conséquent.

Sylvie Thomas

Site internet
http://www.ubifrance.fr

Dernière modification : 30/05/2011

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