Les vélos en libre-service gagnent les grandes-villes

N° 20 – Avril 2008

Installés dans plusieurs grandes villes françaises, ces vélos en libre-service se multiplient.
Et leur succès s’exporte aussi…

Qu’on l’appelle Vélo’v, Vélib’, V’hello, Vélodi, le vélo en libre-service fait beaucoup parler de lui depuis quelques mois en France. Car des dizaines de villes sont en train d’enfourcher leur vélo. Très tôt, quelques rares villes pionnières avaient compris l’intérêt du vélo en ville : la Rochelle, dès 1976, Rennes, Strasbourg ou encore Lyon dès 2005. Mais depuis un an, le succès très rapide du Vélib’ à Paris a largement amplifié le phénomène.

Lorsque les premières bicyclettes en libre-service Vélib’ ont déferlé dans les rues de Paris, le 15 juillet dernier, personne n’avait imaginé que cette opération rencontrerait un tel succès. Huit mois après son lancement, Vélib’, le système de location parisien, compte déjà 19 millions d’utilisateurs ravis de pouvoir combiner leurs déplacements en métro, tramway ou train avec le vélo.

Le système est simple : une location payante, mais modique. Il suffit de prendre un vélo dans l’une des stations et de le reposer ailleurs une fois son trajet effectué. La plupart des utilisateurs empruntent un vélo pour une courte distance.

En moins d’un an, Paris est devenue championne toutes catégories des métropoles ayant adoptées ce dispositif, avec 20.600 vélos mis en service d’ici la fin juin et 1.451 stations prévues pour la rentrée. Un succès, très médiatisé, qui a fait des émules dans bien d’autres villes soucieuses, elles aussi, d’offrir un mode de transport alternatif à la voiture en ville. Comme le souligne Yankel Fijalkow, sociologue, dans la revue Sciences Humaines, « on considère enfin le vélo comme un mode de déplacement à part entière. Beaucoup de gens souhaitaient faire du vélo, mais n’osaient pas se lancer, par peur des voitures ou d’être ridicules. Maintenant, faire du vélo, c’est tendance ! De nombreux Parisiens ont d’ailleurs ressorti leurs vieilles bicyclettes du placard ».

En moins d’un an, ces programmes de vélos en libre-service ont connu un très fort engouement. A mesure qu’elles développaient leurs pistes cyclables, une quinzaine de villes françaises ont adopté un système de location en libre service comptant déjà près de 40.000 vélos en circulation.

Après les "Vélocité", lancés par Mulhouse et Besançon, c’est Aix-en-Provence qui a présenté son "V’hello" rouge et vert à l’automne. Marseille, l’importante métropole méditerranéenne qui a mis à la disposition des Phocéens un total de 750 vélos, répartis dans 80 stations, a tout simplement baptisé son système "le vélo". Depuis cet hiver, Toulouse, Nancy, Amiens, Dijon, Caen, Perpignan, Orléans et Rouen ont également mis en œuvre un dispositif de location de bicyclette. Nantes aura son « Bicloo », dès le mois de mai, et des projets similaires sont dans les cartons pour les villes du Mans et Valenciennes.

Les habitants des communes de la proche banlieue parisienne vont, eux aussi, pouvoir pédaler. En effet, le groupe JCDecaux, n° 2 mondial de la communication extérieure, qui gère notamment le parc de vélos parisiens, vient de se voir attribuer la gestion de la location des bicyclettes de huit communes situées au nord de Paris. Vélib’ démarrera aux portes de Paris au mois d’octobre prochain.

Largement devancé en France par JCDecaux, Clear Channel, un autre leader de ce secteur d’activité, avait pourtant été le premier à lancer, en France, un système de vélos en libre service à Rennes, dès 1998. Déjà présent à Vienne, en Autriche, à Bruxelles, à Séville (Sevici) en Espagne, et à Luxembourg (Vel’oh !), JCDecaux semble avoir intéressé les villes de Chicago et Vancouver, tandis que des projets sont à l’étude à Dublin, en Irlande ainsi qu’à Melbourne en Australie.

« Aujourd’hui, la France devient le pays de référence en matière de vélos libre-service », se félicite Jean-François Decaux, qui codirige l’entreprise familiale. Pour autant, la France n’entend pas s’arrêter là. Pour offrir la plus grande diversité possible aux citadins dans leurs déplacements, la ville de Paris souhaite mettre en place, dès l’an prochain, un système similaire de location de voitures propres, hybrides ou électriques, qu’il pourrait baptiser « Autolib’ ».

Virginie Langerock

Dernière modification : 28/04/2010

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