Poma, le transporteur bien câblé…

N° 18 - mai 2009

La société grenobloise Poma construit ou rénove tout ce qui fonctionne sur un câble. Son expérience et son savoir-faire sont appréciés dans de nombreux pays. Elle entame actuellement le chantier du téléphérique de New York.

C’est Jean Pomalgaski, l’inventeur du téléski à perche débrayable (à l’arrêt au départ, le célèbre « tire-fesses » se place sur le câble par un système mécanique), qui a créé avant la Seconde Guerre mondiale la société grenobloise Pomagalski, communément appelée Poma. Cette entreprise a pris son essor dans les années 50 en se diversifiant rapidement, concevant, construisant et installant des télésièges, des télécabines, des téléphériques… Bref, toute la gamme du transport par câble, avec des produits d’une taille de plus en plus importante.

« Nos réalisations en France sont la meilleure vitrine de notre savoir-faire », souligne Jean Gauthier, le président de Poma. Dans les Hautes-Alpes, trois Télémix (une remontée mécanique qui associe sièges et cabines) sont actuellement en construction. Dans les Pyrénées, Poma vient d’installer à Payragudes un télésiège débrayable de six places, parcourant une distance de 1442 mètres pour 422 mètres de dénivelé, avec un débit de 3.000 personnes à l’heure.

Dès le début de son activité, les responsables de Poma ont manifesté leur volonté d’exporter leurs réalisations. Aux Etats-Unis, dans les stations de sports d’hiver, Poma est tellement répandu que le téléski à perche débrayable est appelé un « pomalift ».

Actuellement, « c’est la Corée du Sud qui s’équipe le plus en appareils neufs » souligne M. Gauthier. « Ce pays crée de nouvelles stations en se servant des abondantes pluies de l’été pour fabriquer de la neige de culture ». Très en vogue dans ce pays, on retrouve notamment des tapis de positionnement facilitant l’embarquement des skieurs débutants sur les télésièges. La Bulgarie, la République tchèque, la Slovaquie, la Pologne, la Roumanie sont autant de marchés en plein développement. En Russie, Poma est particulièrement présente dans la région de Sotchi, où se dérouleront les Jeux Olympiques d’hiver de 2014. Toujours en Russie, à Nijni Novgorod, une télécabine à un pont a été choisie pour résorber les encombrements urbains. Depuis son arrivée en Chine au début des années 90, grâce à l’obtention d’un contrat pour la réalisation de deux télésièges à Badaling, l’entreprise française a installé de nombreuses télécabines : à Tianmenshan (Zhangjiajie) en réalisant le plus grand téléphérique au monde (7.5km), à Kunming, à Laoshan près de Qingdao, ou encore à Shenzhen… Et d’importantes réalisations sont en cours.

Les pays occidentaux et le Japon représentent quant à eux d’importants marchés en matière de renouvellement d’équipements. « Nous ne reconstruisons pas à l’identique » souligne le président de Poma. « Le renouvellement implique moins d’appareils, de plus grande capacité, nécessitant moins de pylônes, ce qui réduit l’impact visuel et nous permet d’apporter notre contribution à la sauvegarde de l’environnement ».

Même si le cœur de son métier reste la montagne, Poma, comme le dit joliment son président, est « progressivement sortie de la neige pour lancer des appareils contemplatifs ». Ainsi, dans un domaine assez différent de l’installation de systèmes de transports par câbles, Poma est également en train de réaliser les capsules de la future grande roue de Pékin, la plus grande au monde. Sa structure sera composée de 48 capsules avec air conditionnée. Celles-ci disposeront d’une capacité d’accueil de 40 personnes et serviront par ailleurs de lieu de réception lors de cocktails, de mariages etc. Son ouverture est prévue pour 2010.

Les dispositifs de mobilité urbaine sont aussi très demandés sur le continent américain. En Amérique du Sud, des remontées mécaniques ont été installées au Brésil, à Rio de Janeiro, afin d’offrir une alternative au métro ; des systèmes de transport analogues desservent des quartiers de Medellin, en Colombie ; un téléphérique est également en fonctionnement à Taipei, la capitale de Taiwan. Une des dernières grandes victoires commerciales de Poma est la reconstruction à New York du « Roosevelt Island Tramway », qui relie Roosevelt Island à Manhattan en survolant l’East River, le long du Queensboro Bridge. Ce téléphérique, disposant de cabines à forte capacité, qui doit démarrer à la fin de l’année, propose deux voies indépendantes permettant l’entretien d’une cabine pendant que l’autre est en service. Il se distingue également par un large espace entre les câbles porteurs, afin d’assurer une meilleure stabilité au vent, et des systèmes de sécurité innovants.

La plus importante filiale du groupe Poma à l’étranger se trouve aux Etats-Unis, et la plus récente en Chine où la société développe une activité particulièrement importante. Ailleurs, elle dispose de bureaux, de représentations, d’agents concessionnaires. « Nous sommes une entreprise à taille humaine, capable de s’adapter et de faire preuve de souplesse grâce à des collaborateurs motivés », précise Jean Gautier. Poma compte 850 personnes, dont une équipe d’ingénieurs. Son leitmotiv est l’innovation, mais la recherche est avant tout appliquée, l’objectif étant d’imaginer des produits qui correspondent le mieux aux besoins. En matière de rénovation du matériel, qui figure en bonne place dans l’offre de services, il s’agit toujours d’apporter des améliorations au dispositif existant, en tenant compte, le cas échéant, de l’évolution du besoin et de la demande.

L’entreprise assure en outre une parfaite maintenance du matériel et apporte l’expertise et le conseil nécessaire à l’évolution technique des équipements. Les ingénieurs de Poma sont en effet présents à l’occasion des visites de contrôle périodiques. La proximité et la relation de confiance avec ses clients, constituent également autant d’excellents atouts de la stratégie d’entreprise développée par le groupe Poma.

Sylvie Thomas

Dernière modification : 28/04/2010

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