Remise des insignes de Chevalier des Arts et Lettres à Monsieur Wang Wen-Xing

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Cher Wang Wen-Xing,
Mesdames, Messieurs,

C’est avec beaucoup plaisir que je viens aujourd’hui, cher Wang Wen-Xing, vous remettre les insignes de Chevalier des Arts et Lettres. Vous avez choisi, pour cette cérémonie, votre Université, Taïda, dans laquelle vous avez enseigné pendant de nombreuses années au département des langues étrangères. Et je salue par votre choix, cet hommage rendu à cette université d’excellence, reconnue internationalement, et à vos collègues nombreux qui vous entourent aujourd’hui.

Cher Wang Wen-Xing,
Vous êtes né en Chine dans la province du Fujian en 1939. En 1946, à l’âge de sept ans, vous suivez vos parents à Taïwan, où vous passerez votre jeunesse.

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Après une licence de langues et littératures étrangères obtenue dans cette université, Vous poursuivez votre cursus aux États-Unis à l’Université de l’Iowa ou vous obtenez un Master des Beaux Arts. De retour à Taiwan, vous devenez professeur de littérature américaine.

En 1960, vous créez avec Bai Xianyong la revue Xiandai wenxue (Littérature moderne), et lancez le mouvement moderniste.

Fortement influencé par Hemingway, Maupassant et les romanciers russes du dix-neuvième siècle, vous cherchez inlassablement à combiner ces influences occidentales avec des matériaux plus spécifiquement chinois. Vous avez ainsi écrit une pièce en un acte (« M & W ») et de vos nombreux essais sont parus à Taïwan aux éditions Hongfan, dont certains sont réunis dans un recueil, « Books and films ».

Votre premier roman, « Jiabian », publié en 1973, fit grand bruit à Taïwan. Il sera publié en 1999 en français, par l’éditeur Actes Sud, sous le titre « Processus familial ». Cette Chronique d’une relation père-fils atteint littéralement un point de non-retour avec la disparition du père. Votre livre est magnifiquement écrit grâce aux ambivalences de son mode de narration, oscillant entre le point de vue du personnage principal et l’apparente objectivité d’un récit classique.

Votre second livre « Beihai de ren » (« Un homme dos à la mer »), pour lequel vous avez travaillé pendant 23 ans, est un recueil de nouvelles, en deux volumes, qui a été publié en partie en français sous le titre de « La fête de la déesse Matsu » (Éditions Zulma, 2004). Votre texte remarquable vient rompre une écriture qui, malgré des audaces de langage déjà très réfléchies dans votre premier roman, était restée classique, pour atteindre ici à un travail expérimental sur la dérive du sens à l’intérieur du cadre romanesque.
Bien que professeur de littérature américaine, vous entretenez depuis toujours des liens très étroits avec la culture française. Ces liens sont en partie l’héritage de votre grand-père et de votre père qui ont tous deux étudié en France. Fidèle à cet attachement familial, vous œuvrez beaucoup à rapprocher les cultures française et taïwanaise.

Vous vous êtes ainsi particulièrement intéressé à Charles Baudelaire, que vous avez traduit. Ces dernières années, vous avez participé à de nombreuses rencontres avec des auteurs français : parmi lesquels la poétesse Camille Loivier à Taipei en 2005 dans le cadre du « Printemps des poètes », et qui est également votre traductrice ; le poète Jacques Roubaud, en 2006 à Paris, ou encore l’écrivain François Weyergans à Taipei, dans le cadre de « Lire en fête ».

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À travers vos écrits, les lecteurs français comme taïwanais découvrent une littérature engagée, critique mais d’une extrême modernité dans les mots, comme dans les signes, par l’insertion des interjections, des onomatopées, en lettre latine, en phonétique taïwanaise ou à l’aide de sinogrammes rares.
La place majeure de votre œuvre est aujourd’hui au cœur d’un des longs métrages de « The Inspired Island » qui vous est consacré. Ce superbe film, à l’affiche depuis quelques semaines, retrace votre parcours et met en perspective l’importance de vos écrits, dans la création artistique taïwanaise.

Cher Wang Wenxing, nous tous ici saluons votre œuvre et c’est pourquoi, au nom du Ministre de la Culture et de la Communication et des pouvoirs qui me sont conférés, je vous fais chevalier des Arts et Lettres.

- Discours de Monsieur Wang Wenxing

Dernière modification : 27/04/2011

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