Strasbourg exporte son marché de Noël

N° 43 - décembre 2009


Depuis 1570, la ville de Strasbourg accueille, autour de sa prestigieuse cathédrale, le plus ancien marché de Noël d’Europe.

Le marché de Noël de Strasbourg est aussi célèbre que coloré, et attire une foule de visiteurs étrangers. Cette année, le concept s’exporte jusqu’à Tokyo. Une démarche qui s’inscrit bien dans l’action de la capitale alsacienne, ville européenne à vocation internationale, qui allie modernité et tradition.

Cette manifestation a été relancée au début des années 1990, « avec un succès qui a dépassé toutes nos espérances, se souvient l’actuel maire Roland Ries. Le retentissement a été instantané et la notoriété est venue très vite. Le marché s’est alors étendu à tout le cœur historique de Strasbourg ».

Aujourd’hui, ce sont 300 chalets qui se déploient sur 12 sites. Et comme de plus en plus de médias français et étrangers couvrent l’événement, il est mis à leur disposition cette année un espace spécial, avec un plateau de 100m2, au pied de la cathédrale. Plus de deux millions de visiteurs, venus du monde entier, sont une fois encore attendus. Il n’y a donc rien d’étonnant à ce que le modèle strasbourgeois ait été suivi ailleurs. En France, mais aussi en Europe, d’autres villes ont créé leur marché de Noël.

L’importante nouveauté cette année, c’est que le marché de Noël de Strasbourg s’exporte au-delà des frontières de l’Europe, au Japon. Siège du Parlement européen, du Conseil de l’Europe, de la Cour européenne des Droits de l’Homme, du Médiateur européen…, Strasbourg confirme donc sa vocation internationale. Les liens entre l’Alsace et le Japon sont anciens et l’année dernière, lorsque Strasbourg a accueilli la Japan Week, les Japonais ont demandé à ce que s’installe au centre de Tokyo, du 12 au 25 décembre, un marché de Noël de taille réduite qui comprendra une quinzaine de chalets. Sur la Forum Plaza, un des principaux espaces du centre de la capitale nippone, une trentaine d’artisans feront découvrir les traditions, la gastronomie et l’artisanat alsaciens.

Cette opération se déclinera probablement l’an prochain à Québec, les Québécois ayant d’ores et déjà manifesté leur intérêt. L’authenticité de "la Belle Province" devrait donner au marché de Noël un éclat tout particulier !

Le marché de Noël accueille chaque année un pays invité. C’est la Russie qui est cette année à l’honneur, faisant suite à un partenariat déjà existant avec la ville de Vologda et dans le cadre du lancement de l’année France-Russie 2010. Jusqu’au 31 décembre, 24 artisans de plusieurs régions de Russie seront installés place Gutenberg, dans 18 chalets, sous l’égide du Père Gel, le père Noël russe. Leurs spécialités culinaires et leurs objets colorés se marient merveilleusement bien avec ceux de leurs homologues alsaciens.

Cette année également, pour le 20ème anniversaire de la Convention des droits de l’Enfant, l’enfance est placée au centre de la fête, avec la création du Village de l’Enfant qui offre spectacles et ateliers place Saint-Thomas.

Autour du grand sapin de 28 mètres de haut qui se dresse place Kléber, concerts, conversations dans les brasseries les plus fameuses de la ville, promenades avec un conteur à la découverte du patrimoine et des légendes, en tout plus de 500 manifestations sont organisées pour que petits et grands puissent s’émerveiller.

La pérennité du succès vient sans doute de cette ambiance chaleureuse et festive, généreuse et solidaire aussi avec le Village du Partage, qui regroupe une soixantaine d’associations caritatives et humanitaires. Même si les retombées économiques sont estimées à quelque 160 millions d’euros, la démarche n’est pas seulement commerciale. « Nous avons par exemple toujours refusé d’avancer la date d’ouverture, gardant la tradition des quatre dimanches de l’Avent, souligne Roland Ries. Nous voulons préserver l’authenticité culturelle, spirituelle ».

Le maire n’entend pas pour autant « muséifier » sa cité, classée depuis vingt ans au patrimoine mondial de l’Unesco, et souhaite « vivifier le passé ». Lorsqu’il fera le voyage à Tokyo pour inaugurer le marché, il recevra par la même occasion les clés d’une automobile hybride rechargeable. Strasbourg et sa Communauté urbaine ont en effet été choisies pour tester en avant-première mondiale, à compter d’avril prochain et sur trois ans, 300 de ces véhicules écologiques. Utilisées par des établissements publics et privés, les automobiles seront aussi à disposition des particuliers via la coopérative d’auto partage Auto’Trement. Le projet Kléber, conçu par Toyota et le groupe français Electricité de France, soutenu par l’Etat et l’Agence française de l’environnement et de la maîtrise de l’énergie, permettra de renforcer l’image de dynamisme et d’innovation de la capitale européenne.

Sylvie Thomas

Dernière modification : 28/04/2010

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