Ulysse 2009 : un voyage entre les deux rives de la Méditerranée

N° 36 - octobre 2009

Un événement culturel d’une grande ampleur, initié par l’écrivain et ambassadeur de France à Malte, Daniel Rondeau, se déroule dans le bassin méditerranéen, sur les pas d’Ulysse, du 7 au 23 octobre 2009. De Malte à Beyrouth, en passant par Tunis et Limassol, un voyage très symbolique rassemble des intellectuels, des artistes, des poètes et des parlementaires français et étrangers pour célébrer des idées et des figures communes aux deux rives de la mer Méditerranée. Le navire de la Marine nationale, accostera dans le port de Beyrouth la veille du jour de l’inauguration du Salon du Livre.

Baptisé Ulysse 2009, cet événement culturel est ponctué par des conférences sur des écrivains et des philosophes qui par leur talent et leur rayonnement intellectuel ont fécondé les deux rives : de Chateaubriand à Saint-Exupéry, de Mafhouz à Stendhal, de Gibran à Victor Hugo, en passant par Camus et Flaubert. Lors de chaque escale, 25 conférenciers de haut niveau, venant de huit pays méditerranéens, sont invités à célébrer ces auteurs. Sont également présents des parlementaires maltais et des députés de l’Assemblée parlementaire méditerranéenne.

« Il s’agit d’un voyage symbolique, une tentative à la fois politique et littéraire, pour célébrer sur les deux rives de la Mer Intérieure des idées, des mots, des figures qui nous rassemblent », explique Daniel Rondeau. « Le jour où, à ma grande surprise, j’ai été nommé ambassadeur de France à Malte, il y a un peu plus d’un an, j’avais imaginé ce voyage méditerranéen, de La Valette à Beyrouth, via Tunis, Tripoli, et Chypre. J’ai aussitôt reçu le soutien de notre ministre Bernard Kouchner et de l’Etat-major de la Marine nationale. Je dois dire tout de suite que l’ensemble des représentations diplomatiques françaises a pris une part active à l’organisation de ce périple ».

Parmi les points d’orgue de ce périple méditerranéen, il y a, bien sûr, le départ, de Malte, perle de la Méditerranée, où participent un panel d’artistes et d’écrivains : l’écrivain Salim Bachi, la réalisatrice Rebecca Cremona, l’écrivain et journaliste Jean Daniel, le poète Moncef Ghachem, l’historien François Hartog, le professeur Peter Serracino Inglott, le poète Salah Stétié, l’écrivain Takis Theodoropoulos… Suivent trois jours de conférences et de débats à l’université , dans un lycée et au collège international de Tunis (dirigé par Hela Beji), avec ces mêmes auteurs, rejoints par Tahar Ghalia et Azzedine Guellouz. A Tripoli se tient une rencontre avec des écrivains libyens et une table ronde sur Albert Camus. A Chypre, un concert de musiciens israéliens et palestiniens se réunissent pour chanter d’Une seule voix. Ils viennent directement de Ramallah, Gaza, Béthléem, Jérusalem ou Tel Aviv.

Ce voyage se fait à bord d’un bateau militaire français, La Meuse. Il commence à La Valette, capitale enserrée dans sa forteresse. Pendant deux jours, des conférences et des débats sont organisés dans l’enceinte du Parlement Maltais, au Palais des Grands Maîtres. « Malte est liée historiquement à la Marine nationale. D’une certaine façon, l’Ecole navale est née en ces lieux. Beaucoup de grands marins, tels Tourville ou Suffren, se sont illustrés ici. Il me semble donc naturel de faire vivre la tradition de ce lien, très profond », indique Daniel Rondeau.

Le navire français, armé d’une bibliothèque, fait cap sur le Liban et entre dans le port de Beyrouth le jour de l’inauguration du Salon du Livre. L’escale de Beyrouth, élue capitale mondiale du Livre 2009 par l’Unesco, coïncide donc avec l’ouverture du Salon du Livre. On y trouve tout un programme de conférences et de débats, auxquels participent d’autres écrivains : Adonis, Antoine Assaf, Charles Dantzig, Venus Khouri Ghata, Alexandre Najjar, Patrick Poivre d’Arvor, Robert Solé. Sera également présent Jean-Marie-Gustave Le Clézio, l’un des plus grands auteurs francophones contemporains et prix Nobel de Littérature 2008. Une rencontre est prévue avec Bernard Kouchner, ministre français des Affaires étrangères et européennes. « Les Libanais sont très attachés à notre langue, à notre culture, ils aiment parfois la France plus que les Français eux-mêmes, et en même temps, le Liban a toujours été plus qu’un pays, une idée. Il a besoin de nous, nous avons besoin de lui », remarque Daniel Rondeau.

Ecrivain, journaliste et éditeur, l’ambassadeur Daniel Rondeau a publié des romans, des essais, des récits autobiographiques et de nombreux portraits de villes méditerranéennes (Carthage, Istanbul, Alexandrie, Tanger), traduits dans un grand nombre de pays. « En ce début de troisième millénaire, il s’agit de favoriser le dialogue, faire tomber les préjugés et les haines d’ignorance. La Méditerranée nous assigne toujours quelques bonnes raisons de faire et d’espérer, et nous convie à un art de vivre. Elle nous a appris à recevoir et à donner, à transmettre, à nous interroger sur nous-mêmes, sans manichéisme, à évoluer dans des univers mentaux différents, à l’intérieur d’un monde resté mosaïque depuis Homère et Virgile. Il ne s’agit pas pour nous de grandir une civilisation au détriment d’une autre, mais simplement d’affirmer, au moment de regarder vers demain, qu’il est une sagesse et une liberté, une pensée, indispensables à l’avenir du monde », observe Daniel Rondeau.

Annik Bianchini

Dernière modification : 28/04/2010

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